Saint-Jean-de-Boiseau a ainsi été occupé à l'époque gallo-romaine, mais il n'en subsiste que des traces. Le site druidique de Bétélian (là où se dresse actuellement la chapelle de Bethléem) est connu depuis cette époque là. A la fin du septième siècle, Saint Hermeland va fonder sur une des nombreuses îles de Loire (l'île d'Indret) un monastère qui deviendra rapidement une abbaye importante. Il subsiste aujourd'hui une chapelle près de l'arsenal militaire. A partir de 843, les Normands qui pillaient déjà les côtes bretonnes, vont remonter la Loire jusqu'à Nantes. Le pays de Retz, qui passe en 851 sous l'autorité du royaume de Bretagne, connaîtra ces envahisseurs jusqu'à l'aube du premier millénaire. Avec la reconquète de la Bretagne par Alain Barbe-Torte, Saint-Jean-de-Bouguenais (nom que la commune va porter jusqu'en 1790) connaîtra son premier seigneur féodal, un breton nommé Borrigan, qui construisit le premier château sur le site du Pé. Les guerres de religions épargnent le pays de Retz jusqu'à l'arrivée du duc de Mercoeur à Nantes. Son opposition à Henry IV mobilisa les chantiers navals du Pellerin et de Saint-Jean-de-Bouguenais et fit subir aux populations le joug des troupes espagnoles venues le soutenir, avant que ne soit signé en 1598 l'Édit de Nantes qui accordait aux protestants la liberté de conscience. Saint-Jean-de-Bouguenais va connaître, à partir du XVIIème siècle une croissance économique liée à l'essor du commerce maritime. L'augmentation du tonnage des navires ne permettant plus une remontée jusqu'à Nantes, c'est le Pellerin et Couëron qui deviennent les avant-ports de Nantes. L'acheminement des marchandises se fait alors sur des embarcations plus petites à fond plat (gabares, chalands et toues) qui sont construites dans les chantiers navals installés dans la vingtaine de ports disséminés tout au long de la Loire à Saint-Jean-de-Bouguenais. A l'aube de la période révolutionnaire, Saint-Jean-de-Bouguenais est une des paroisses les plus prospères du pays de Retz. Sa population est d'environ deux mille habitants. Depuis la création de la fonderie royale de canons sur l'île d'Indret, une partie des ouvriers agricoles s'est reconvertie dans le travail de la métallurgie. Les autres habitants sont herbagers, laboureurs, pêcheurs, marins, artisans ou commerçants. Le clergé comprend un recteur et son vicaire. La classe sociale aisée se compose des nobles, dont le seigneur de la paroisse : de Martel du Pé. L'implantation de l'établissement d'Indret en 1777 a provoqué des remous dans les populations locales. Les ouvriers, et notamment les ouvriers qualifiés venus de la région parisienne, ont des aspirations très différentes de celles des agriculteurs qui habitent sur la commune. Ces divergences vont évoluer en tensions importantes, au sein du conseil municipal en particulier, et aboutir à une scission du territoire en deux communes distinctes. Déjà, en 1868, le curé avait obtenu la séparation de la commune en deux paroisses. Le 2 juin 1877, le président Mac Mahon signe le décret de création de la commune de La Montagne. Les deux communes vont mettre plus de cinq ans à régler les différents quant au partage des biens et autres litiges dus à la séparation. On peut affirmer aujourd'hui qu'il ne reste plus rien des différents qui ont séparé les deux communes. Au contraire, les évolutions démographiques et institutionnelles font que maintenant les populations des deux communes sont de mêmes origines socio-professionnelles et la mise en place de la Communauté urbaine de Nantes gomme peu à peu les frontières communales. C'est avec la deuxième guerre mondiale que Saint-Jean-de-Boiseau va connaître une modification importante de ses paysages. Le 9 août 1944, l'occupant allemand fait couler à Bikini, en face de La Télindière, des bateaux qui interdiront pour longtemps l'accès au port de Nantes. Après la guerre, ces bateaux ne pourront être totalement enlevés. La Loire, qui jusque là baignait le flan du coteau, va être détournée dans le chenal nord. |